1. Comment puis-je rédiger des objectifs d’apprentissage ?

« Un objectif en contexte d’apprentissage est l’équivalent d’un GPS sur la route. »

Pour assurer ton succès en stage, il est important de te fixer des objectifs.

On te suggère l’utilisation de l’approche SMART qui est souvent bien connue des superviseurs. Elle est :

  • facile d’utilisation;
  • reconnue pour son efficacité;
  • utilisée dans de nombreux milieux cliniques.

Objectifs SMART

Spécifique : L’objectif doit être détaillé et précis. Ainsi le moment venu, tu sauras exactement ce que tu dois faire et un superviseur qui lit ton objectif comprendra aussi ce que tu as à faire.

Exemple : Lire de telle page à telle page du manuel de biologie.

Mesurable : Rédige tes objectifs dont le résultat atteint est mesurable, c’est-à-dire que ton objectif doit te permettre de constater la différence entre « l’avant » et « l’après ».

Exemple : « Lire un chapitre » ne permet pas de mesurer si l’objectif a été atteint alors que « lire un chapitre et le résumer en une page dans ses mots » précise l’atteinte de l’objectif.

Acceptable : L’objectif doit te convenir. Il est important d’élaborer des objectifs en tenant compte de tes forces, de tes points à améliorer et de tes compétences.

Exemple : Lire un chapitre portant sur une problématique nouvelle que tu verras en stage

Réaliste : Un objectif doit représenter un défi sans qu’il te décourage. Il est préférable de débuter par de petits objectifs et d’augmenter graduellement le niveau de difficultés et d’effort requis.

Exemple : Lire 25 pages n’est pas acceptable si tu n’es pas capable de lire 25 pages dans le temps prévu.

Temps : Établis un échéancier précis pour travailler tes objectifs. Une date butoir doit donc être associée à chacun de tes objectifs.

Exemple : D’ici un mois, à chaque réunion… etc.

(Lorio, n.d.; Ordre des physiothérapeutes de l’Ontario, 2017)

Voici les consignes :

  1. Utilise l’approche SMART pour trouver les éléments à corriger dans l’objectif proposé.
  2. Écris un objectif SMART pour remplacer l’objectif à corriger.
  3. Compare ta réponse aux suggestions proposées : est-ce que ta réponse est équivalente ? Sinon, à quoi porteras-tu attention une prochaine fois ? 

Objectif du stagiaire à corriger :

Démontrer plus d’assurance durant l’animation de groupe.

Critères Éléments à corriger
Spécifique
Mesurable
Acceptable
Réaliste
Temps
Critères Objectif non révisé
Spécifique

Ne précise pas le résultat à atteindre.

Le terme « assurance » est à la fois général et vague.

Ne précise pas ce qu’est la clientèle.

Mesurable

Plus d’assurance… ce n’est pas mesurable, car subjectif ! Ce qui est certain pour un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Il faut décrire précisément le comportement à observer pour le superviseur.

Le niveau de compétence n’est pas défini.

Acceptable

L’objectif doit être élaboré en fonction des forces ou des points à améliorer : le stagiaire peut réfléchir et indiquer quelles sont les habiletés de l’animation de groupe avec lesquelles il se sent confortable et celles qu’il pense devoir améliorer.

Réaliste

L’objectif doit être atteignable : il faut que l’énoncé permette au stagiaire de progresser ou d’augmenter la difficulté de la tâche, une fois l’objectif atteint.

Temps

Ne précise pas le délai pour atteindre l’objectif : le stagiaire pourrait préciser après combien de rencontres de groupe une progression sera visible, et à quel niveau.

À toi d’écrire un objectif SMART pour clarifier l’objectif à corriger.

Objectif révisé

D’ici quatre séances d’animation de groupe auprès de personnes atteintes de dépression, je voudrais leur parler sur un ton plus dynamique et adopter un bon volume de voix avec eux pendant au moins 75 % de la rencontre, de sorte à créer une relation de confiance et à stimuler les participants vers le changement.

Voici comment l’objectif répond aux 5 critères :

Critère Objectif révisé
Spécifique

Les éléments à évaluer sont précisés : parler sur un ton plus dynamique et adopter un bon volume de voix.

La clientèle est précise : groupe pour les personnes atteintes de dépression.

La raison qui justifie de modifier le comportement est aussi précisée : créer une relation de confiance et motiver les gens à changer.

Mesurable

Les comportements peuvent être observés par le superviseur : parler sur un ton plus dynamique et adopter un bon volume de voix avec les membres du groupe…

Acceptable

Le stagiaire reconnaît qu’il éprouve de la difficulté à stimuler les membres du groupe à changer en raison de son style de communication.

Réaliste

Proportion de 75 % du temps… il pourra exiger plus lors des autres séances !

Temps

D’ici quatre séances d’animation de groupe.

Est-ce que ton objectif corrigé contenait tous les éléments clés du modèle SMART ?

L’ approche ABCDE

Audience : Qui devra démontrer la compétence ?

Qui ? L’auditoire. Concevoir l’objectif pour la clientèle cible.

Behaviour : Qu’est-ce que cette personne devra faire ?

Quoi ? Verbe d’action :

  • Le comportement doit être spécifique;
  • Préciser le résultat ou le comportement souhaité;
  • Éviter les verbes qui sont vagues et sujets à plusieurs interprétations.

Condition : Comment et dans quelles circonstances l’action aura-t-elle lieu ?

Comment ? Préciser l’équipement requis, la position du patient, le type d’exercice, si en groupe, etc.

Degree : Quel sera le niveau de ‘normalité’ ou de compétence atteints ?

Combien ? Niveau de succès ou compétence acceptable. Préciser la proportion du résultat visé ou les critères d’évaluation ou de réussite. 

Estimated period : Quel est l’intervalle prévu pour atteindre l’objectif (un jour, deux mois, huit visites, etc.) ?

Combien ? Préciser l’échéancier ou le temps de réalisation.

(Adapté de O’Bannon (2012) et de Smaldino, Lowther, et Russell , 2007. Instructional Media and Technologies for Learning (9th Ed.). Englewood Cliffs: Prentice Hall, Inc.)

Pour obtenir plus de détails sur la façon de formuler un objectif, tu peux aussi consulter le document Objectifs — domaines d’apprentissage.

Objectif du stagiaire à corriger avec l'approche ABCDE :

Démontrer plus d'assurance durant l'animation de groupe.

(Note : eh oui, il s’agit du même objectif que dans l’activité sur l’approche SMART – tu pourras ainsi comparer les deux approches et voir celle qui t’aide le mieux à écrire tes objectifs de stage).

Voici la consigne :

Pour clarifier l’objectif à corriger, tu pourrais écrire les composantes de l’objectif à réviser en mode ABCDE dans les espaces prévus à cet effet.

Composantes de l’objectif à réviser

Critères Indices Éléments à corriger
Audience Responsable de l’action : « Le stagiaire… » OU « Je… »
Behaviour Action à accomplir ou résultat souhaité : « J’évaluerai des cas… »
Condition Déroulement de l’action : « …sans supervision »
Degree Résultat visé : « … dans 80 % de ma charge de patients »
Estimated period Échéancier : « Suite à la session… » « … à la troisième semaine de stage »
« … d’ici deux mois… »

Questions : après cet essai, est-ce que l’approche ABCDE te serait utile pour préciser tes objectifs de stage ? Ou, préfères-tu continuer avec l’approche SMART ? Pour quelle(s) raison(s) ?

2. Pourquoi t’intéresser au verbe d’action ?

On s'intéresse au verbe d'action parce qu'il :

  • est le point de départ de l’objectif;
  • évoque une image du résultat à atteindre (concret, spécifique, univoque);
  • aide à déterminer la mesure du résultat.

Deux grands domaines d’apprentissage sont possibles : cognitif et affectif.

Chaque domaine réunit des verbes d’action qui sont hiérarchisés selon le niveau d’apprentissage. Il s’agit d’une taxonomie.

Quel que soit le domaine d’apprentissage choisi, il y a trois étapes de base dans le processus d’apprentissage d’une action :

  • L’imitation : À la première étape, le superviseur explique et fait une démonstration de l’action à accomplir;
  • La pratique : L’apprenant essaie ensuite de répéter l’action. Il pratique l’action, à plusieurs reprises au besoin, en présence du superviseur;
  • L’habitude : À la dernière étape, l’apprenant accomplit l’action avec expertise et en peu de temps.

Tes objectifs pourraient comprendre des verbes d’action :

  • des deux domaines d’apprentissage;
  • des différents niveaux.

Pour obtenir plus de détails sur la façon de formuler un objectif, tu peux aussi consulter le document Objectifs — domaines d’apprentissage.

3. Par quels moyens puis-je atteindre mes objectifs ?

« Plusieurs outils et stratégies s’offrent à toi pour atteindre tes objectifs. »

Question de réflexion

Outils et stratégies pour atteindre mes objectifs

Jeu de rôle

Description : Mise en situation entre deux stagiaires ou avec ton superviseur (simulation de situation clinique).

Utilité :

  • te permet de te pratiquer de façon sécuritaire et encadrée avant d’essayer avec un patient;
  • favorise la prise de conscience de certains défis;
  • ressort la complexité de certaines situations cliniques.

Journal de bord

Description : Carnet dans lequel tu es appelé à noter différents comportements ou émotions liés à ton stage.

Utilité :

  • clarifie les idées et concepts discutés dans la journée (p. ex. lien avec la théorie);
  • permet une prise de conscience de l’impact de tes attitudes, gestes et paroles;
  • stimule tes habiletés d’autocritique (p. ex. : retour sur les événements, autoévaluation et pratique réflexive).

Observation directe par le superviseur

Description : Ton superviseur est présent lorsque tu fais une intervention.

Utilité :

  • le superviseur obtient de l’information concrète sur tes comportements et attitudes et peut te donner une rétroaction plus spécifique;
  • confirme ou valide la pertinence et la sécurité de tes interventions.

Rencontre de supervision

Description : Une rencontre a lieu entre toi et ton superviseur pour faire des mises au point.

Utilité :

  • le superviseur donne de la rétroaction sur ton rendement et le déroulement du stage;
  • il discute des expériences de stage liées aux objectifs fixés, aux apprentissages et aux difficultés rencontrées;
  • permet de te guider au fur et à mesure des expériences vécues.

Visualisation

Description : Processus actif où une réponse à une situation peut être pratiquée mentalement dans un environnement sécuritaire avant d’effectuer une intervention.

Utilité :

  • te prépare mentalement avant d’exécuter l’action réelle;
  • diminue le niveau de perception de la menace entourant une tâche difficile, en encourageant la visualisation de résultats positifs;
  • réduit la peur et le niveau d’anxiété face à une intervention.

(Findlay, Dempsey et Warren-Forward, 2010; Kottler et Chen, 2008; Payne, 2005; Villeneuve, 1994)

1. Pourquoi l’évaluation des compétences pendant le stage ?

Être évalué c’est ennuyant et stressant! Pourquoi donc dois-je l’être ?

En stage, l’évaluation se veut un outil continu de rétroaction d’abord, et évidemment de validation de ton progrès vers la rencontre des attentes pour l’entrée en pratique.

L’évaluation est un outil de communication officiel entre toi et ton superviseur et entre le milieu de stage et la maison d’enseignement.

Elle vise à :

  • faire le bilan de tes forces et de tes points à améliorer et te soutenir dans ton apprentissage;
  • évaluer tes connaissances, tes habiletés et tes attitudes professionnelles par rapport aux objectifs;
  • dissiper ton anxiété par rapport à l’atteinte des objectifs et des résultats de l’évaluation;
  • officialiser la réussite ou l’échec du stage.

Pendant ton stage, tu auras à transiger avec deux types d’évaluation :

L’évaluation
formative

L’évaluation formative

Rétroaction verbale ou écrite de ton superviseur pour faciliter ton processus d’apprentissage et t’orienter en fonction des objectifs. Elle se fait de façon continue tout au long du stage.

L’évaluation
sommative

L’évaluation sommative

Bilan écrit et formel des apprentissages, formulé conjointement lors d’une rencontre, pour conclure le stage de façon constructive.
 

2. Comment me préparer aux évaluations mi-stage et fin de stage ?

Pour faciliter la discussion avec ton superviseur tu pourrais :

  1. Relire tes objectifs d’apprentissage;
  2. Remplir ton autoévaluation avant la rencontre;
  3. Donner des exemples concrets de comportements survenus pendant le stage pour appuyer les cotes que tu t’es attribuées.

Il est parfois difficile de recevoir les points qu’on doit améliorer et de les reconnaître. C’est pourquoi tu dois te présenter à l’évaluation en étant ouvert d’esprit sans te sentir menacé et en te rappelant que la rétroaction est un outil indispensable pour améliorer tes compétences. Ce n’est pas un examen! C’est une photo d’où tu en es rendu dans le développement de tes savoir-être et savoir-faire.

3. Tu te sens injustement évalué ?

Que peux-tu faire si tu te sens injustement évalué ?

  1. En discuter calmement avec ton superviseur;
  2. Communiquer avec le coordonnateur de stage de ta maison d’enseignement.

Ce dernier :

  • t’écoutera et te posera des questions pour comprendre ta situation;
  • communiquera avec ton superviseur pour connaître sa version des faits;
  • travaillera avec vous deux pour en arriver à une résolution la plus équitable possible : tant pour ton apprentissage et ton bien-être en stage que pour la sécurité de la clientèle et le maintien de la réputation de la profession.

1. Comment développer ma confiance en tant que stagiaire ?

Il est normal de te sentir déstabilisé! Dis-toi que tu as acquis les connaissances et les habiletés pertinentes et que tu es là pour apprendre! Ne tente pas d’être un expert dès ton arrivée.

Il faut développer une confiance qui correspond à ton niveau d’expérience, c’est-à-dire qu’il faut accepter de ne pas te sentir à l’aise. Toutefois, il faut avoir assez confiance en soi pour être actif et capable d’agir malgré le doute.

Comment faire ?

Pour mettre toutes les chances de ton côté, voici quelques stratégies pour bâtir un niveau de confiance acceptable :

  1. Arrive en stage préparé – p. ex. :
    • information sur le milieu;
    • trajet d’autobus, lunch;
    • lectures (info milieu de stage, pathologies, normes de pratique, etc.);
    • questions pour le superviseur;
    • ébauche d’objectifs de stage écrits;

  2. Ose poser des questions à ton superviseur, à ses collègues, aux autres stagiaires.

  3. Ose demander de l’aide.

  4. Prépare tes journées et tes interventions. Fais le bilan de tes journées.

  5. En fin de journée, réfléchi à tes bons coups et à ce que tu changeras.

Comment développer ma confiance

Il est important de te comparer à toi-même!

Se mesurer à un autre stagiaire peut être stimulant (compétition), mais peut être plutôt stressant : tu as tes forces, et tes limites, tout comme lui!

Tu as un bagage différent du sien et donc l'approche, l'intervention ou la solution peuvent être différentes.

L'important, c'est d'en être conscient et de t'ajuster tout au long du stage.

2. Pourquoi suis-je nerveux en stage ?

Question de réflexion

Le stage est souvent la période la plus stressante du parcours académique d’un étudiant (Chernomas et Shapiro, 2013)… mais aussi une expérience d’apprentissage enrichissante.

Tu peux :

  • avoir peur de l’échec;
  • avoir peur de ne pas bien performer;
  • sentir la pression de toujours devoir être parfait.

L’anxiété se manifeste de façon très différente pour chacun de nous. Par ailleurs, le fait de ressentir quelques-uns des symptômes d’anxiété est normal dans la mesure où ils ne persistent pas et ne perturbent pas ton stage.

Pour connaître ton niveau de stress face à ton stage, fais un petit test de 5 minutes sur le site de l’Association canadienne pour la santé mentale.

Il existe d’autres signes de stress. Regarde la liste qui suit et prend en note ceux que tu reconnais dans tes habitudes.

Signes d’anxiété :

Tes signes d’anxiété :

(Adapté de Mimeault et Bernier, 2016)

Ne t’en fais pas, dans la prochaine section, tu trouveras des outils et des ressources pour t’aider à gérer les signes que tu as reconnus.

3. Que puis-je faire pour diminuer mon stress face au stage ?

Pour réduire les manifestations vues dans la section précédente, il faut d’abord être en mesure d’identifier les causes de ton anxiété.

Reconnaître les causes :

Bernard et Goodyear (2009) ont identifié deux grandes sources d’anxiété pour les étudiants qui vont en stage :

  • la première est liée aux interventions effectuées auprès du patient;
  • la deuxième porte sur l’interaction que tu as avec ton superviseur.

Utiliser des stratégies :

Adopter un style de vie sain

Principale stratégie de gestion du stress qui comprend :

  • une saine alimentation;
  • de l’exercice à intervalle régulier;
  • de bonnes habitudes de sommeil et de repos loin des gadgets électroniques.

Pratiquer la relaxation ou la méditation

Techniques de psychothérapie reconnues qui ont pour effets positifs de :

  • libérer la tension musculaire qui s’accumule au quotidien;
  • mieux gérer les expériences négatives, stressantes ou difficiles.

Comment l’appliquer au quotidien ?

  • prends quelques minutes chaque jour pour fermer les yeux, prendre une grande inspiration et relâcher tes épaules;
  • accorde-toi des moments de repos en écoutant de la musique, en marchant dehors ou en t’offrant un massage.

Entretenir et développer ton réseau social

Le contact humain et la bonne communication sont des facteurs clés pour gérer le stress. Ils permettent de :

  • ventiler et de partager tes émotions sur des expériences communes;
  • diminuer les effets de la fatigue.

Percevoir la vie et soi positivement

Entretenir une vision optimiste du monde et percevoir de façon positive différentes situations de la vie permet de réduire le stress.

  • Comment y parvenir ?
    • fixe-toi des attentes réalistes;
    • débarrasse-toi de toute idée de perfection, accepte tes erreurs et apprends à te pardonner;
    • écris dans un journal tes sentiments négatifs pour les évacuer et éviter de les ressasser sans cesse.

Prendre le temps

La gestion du temps est une des clés de la résilience et de la gestion du stress :

  • planifie tes activités pour faire une chose à la fois sans te surcharger l’esprit de multiples projets;
  • réserve du temps de qualité pour toi-même;
  • priorise tes tâches de sorte à en laisser tomber ou à les remettre à plus tard;
  • apprends à dire non.

(Canouï et Mauranges, 2008; Centre de ressources Meilleur départ, 2012; Gustafsson, Eriksson, Strandberg et Norberg, 2010; Hansen et al., cités dans Péloquin, 2013; Hillert et Marwitz, cités par Kaschka, Korczak et Broich, 2011; Jensen, Trollope-Kumar, Waters et Everson, 2008; Kaschka, et al., 2011; Mion, Libert, Petijeans et Journois, 2010; Péloquin, 2013; Pereira et Fonseca, 2011; Schott, n.d; Sherman, Edwards, Simontson et Mehta, 2006; Singer et Griffith, 2011)

4. Comment me préparer à faire des erreurs pour apprendre ?

« N’ayez pas peur de faire une erreur. Mais faites-en sorte de ne pas faire la même erreur deux fois. »

Proverbe d’Akio Morita

Gérer son stress, c’est aussi gérer ses erreurs! Elles nous déstabilisent, mais elles nous font avancer.

Comment se sentir libre d’expérimenter en stage tout en ayant moins peur de commettre des erreurs ?

Le superviseur est là pour te soutenir dans ce processus qui fait partie de l’apprentissage.

Tu dois avoir une conversation avec lui pour :

  • établir les moments où tu pourras expérimenter;
  • connaître les règles du jeu pour demeurer sécuritaire et respecter les normes de pratiques;
  • identifier les moments où demander de l’aide (p. ex. : si tu as des doutes);
  • te préparer à l’action à poser (p. ex. : lectures, questions, pratique – jeu de rôles, observation, etc.).

Rappelle-toi, l’erreur est humaine et tous les professionnels sont susceptibles d’en commettre dans l’exercice de leurs fonctions.

5. Comment réconcilier l’écart entre les milieux académique et clinique ?

Selon plusieurs auteurs, il existe un écart perçu par les stagiaires entre la théorie et le milieu de pratique.

(Levett-Jones, Lathlean, McMillan et Higgins, cités par Levett-Jones, Pitt, Courtney-Pratt, Harbrow et Rossiter, 2015; Scully, 2011)

L’écart entre la théorie et la pratique est cause d’incompréhensions, de frustrations et de stress.

(Chernomas et Shapiro, 2013; Killam et Heerschap, 2013)

Mais...

« La théorie sans la pratique est inutile, la pratique sans la théorie est aveugle »

E. Kant

Alors, comment optimiser ce que peut offrir chaque milieu ?

Consigne : Consulte les tabulateurs suivants pour voir les avantages de chaque milieu, puis répond aux questions qui suivent :

Professeur :

  • à la fine pointe des concepts théoriques;
  • axés sur la recherche.

Milieu universitaire :

  • connaissances théoriques (le savoir);
  • valorisation de la recherche;
  • évaluation par des tests écrits;
  • simulation en laboratoire.

Cliniciens :

  • à la fine pointe des habiletés techniques;
  • axés sur la pratique.

Milieu pratique :

  • la théorie ne s’applique pas directement;
  • adapte les résultats de la recherche;
  • développe le savoir-être et le savoir-faire;
  • milieu complexe qui prend en compte les interactions humaines.

Parfois, il arrive que le stagiaire soit témoin d’une confrontation entre les deux milieux.

Pour cette raison, il est important d’adopter un esprit d’ouverture face à cette différence : le stage offre un apprentissage complémentaire à la salle de classe. Il permet de confronter tes connaissances théoriques, mais aussi de t’apporter un savoir issu de l’expérience (Mandeville, 2004).

La pratique peut donner l’impression de relever davantage du savoir-faire et du savoir-être que du seul savoir. Il demeure important de connaître la théorie, sinon ton apprentissage en milieu de stage sera limité. De plus, tes nouvelles connaissances théoriques apportent souvent des éléments de nouveautés et de réflexion aux cliniciens en milieu de stage!

Questions :

  1. Comment peux-tu tirer le meilleur des deux mondes ?
  2. Comment peux-tu aider ton superviseur à apprivoiser avec toi ces différences entre les deux milieux ?

Un stage te permet d’en apprendre sur ta profession. Il t’informe à savoir si tu veux vraiment travailler dans ce domaine.

Par contre, la réalité ne correspond pas toujours aux perceptions et aux attentes que tu t’étais forgées. En général, le stage viendra confirmer ton intérêt, mais il est aussi possible qu’il suscite des remises en question » (Mimeault et Bernier, 2016).

Dis-toi que le stage ne montre qu’une infime partie des possibilités qui te seront offertes dans ta profession. Tu seras exposé à d’autres milieux de travail, à d’autres populations et champs d’expertise tout au long de tes futurs stages.

Tu n’aimes toujours pas la réalité de la profession ? Tu as toujours cette impression de t’être trompé ?

Tu peux alors rencontrer des professionnels de ta profession et d’autres professions afin d’en discuter et de possiblement réviser ton choix.

1. Est-ce un malentendu ou un conflit ?

Crois-tu qu’il soit normal de vivre des tensions avec ton superviseur ?

Bien que les conflits dans un stage clinique soient plutôt rares, ils peuvent survenir de temps à autre. La relation stagiaire/superviseur est une relation interpersonnelle fondée sur la communication. Certains malentendus y sont parfois présents. À l’occasion, ces derniers peuvent dégénérer en conflit.

Il y a donc une différence entre un malentendu (ou tension) et un conflit.

Cas 1

Monsieur Rivet est infirmier, il pratique depuis déjà dix ans. Cette année, il a accepté de prendre une stagiaire en sciences infirmières pour la première fois. Jusqu’à maintenant, il avait toujours été réticent à prendre des stagiaires, mais une collègue l’a convaincu que ça pourrait lui faire sauver du temps dans son travail. M. Rivet s’attend à ce que, dès la première semaine, la stagiaire soit capable de faire les prélèvements sanguins du matin chez les patients pendant qu’il prépare les ordonnances. Pour ne pas déplaire et parce qu’elle est un peu gênée, la stagiaire accepte de faire les prélèvements sans poser de questions. Le superviseur se rend compte rapidement que la stagiaire ne sait pas comment faire avec les patients. Il décide donc d’en parler avec sa collègue. Celle-ci lui répond : « Soit tu es tombé sur une mauvaise stagiaire, soit tu lui en as trop demandé ».


Cas 1

Le cas 1 est un problème.
Le problème ou le malentendu est une question difficile à résoudre qui résulte souvent d’un manque de communication.

Cas 2

Mylène supervise deux étudiants : Sylvie, étudiante en physiothérapie, et François, en sciences de l’activité physique. Les deux stagiaires sont appelés à travailler à des projets communs. Mylène, sans l’avoir clairement exprimé, s’attend à ce que les stagiaires collaborent puisque leurs expertises se complètent. Lors d’une rencontre avec un patient, l’un des stagiaires coupe la parole à son collègue, s’approprie son plan d’intervention et répond aux questions du patient à sa place. Rouge de colère, l’autre stagiaire quitte la pièce en claquant la porte avant la fin de la rencontre. Elle se rend immédiatement au bureau de son superviseur et exige d’être changée de groupe de travail sur-le-champ. Elle explique au superviseur que ce n’est pas la première fois que cela se produit et que ça la démotive et lui fait perdre confiance en elle.


Cas 2

Le cas 2 est un conflit.
Le conflit peut être le résultat d’un problème non résolu qui a grandi en intensité et en complexité. Avant l’arrivée du conflit, il y a eu des irritants et bien des frustrations. C’est une situation de crise où il y a opposition ou affrontement de valeurs, d’intentions, de perceptions, etc. Elle peut aboutir à la mésentente et provoquer des sentiments de frustration, de l’anxiété, de l’hostilité et/ou de la détresse.

2. Quelles sont les causes des conflits en stage ?

Question de réflexion

Causes possibles de conflits en stage

Voici quelques réponses à la question posée précédemment. Elles sont identifiées dans l’image ci-dessous, dans les bulles. Lorsque tu compares tes réponses à celles-ci, que remarques-tu ?

Deux phénomènes peuvent survenir et exacerber le conflit : les tâches excessives ou insuffisantes.

a) Je déborde :

Les différences intergénérationnelles peuvent expliquer en partie cette situation. Certains superviseurs de la génération baby-boomers exigent de leur stagiaire qu’il accomplisse de grandes charges de travail.

Que dois-je faire ? :

  • rappelle-toi que des lectures ou révisions de notes peuvent être nécessaires afin de bien accomplir tes activités planifiées pour le lendemain;
  • discute avec ton superviseur si tu as besoin de plus de temps pour effectuer tes tâches et si tu te sens complètement débordé.

b) Je m’ennuie :

À l’inverse, certains stagiaires trouvent que le rythme du stage est trop lent, qu’ils ne voient pas suffisamment de patients pour être en mesure de se perfectionner.

Comment je m’en sors ? :

  • dis-toi que cela te permet de bien approfondir tes acquis ou encore de réfléchir sur ta pratique;
  • tu peux utiliser ce temps libre pour discuter avec les autres professionnels et en apprendre davantage sur leur fonction;
  • tu peux aussi discuter avec ton superviseur pour lui indiquer que tu te sens prêt à prendre en charge d’autres projets ou patients.

3. Comment évolue un conflit ?

Au fur et à mesure que le malentendu progresse, les personnes en cause réagissent en utilisant divers mécanismes d’adaptation. Chacun est convaincu que sa façon de voir les choses est la bonne.

Hendricks (1991) décrit trois stades d’évolution du conflit soit :

  • l’irritant quotidien;
  • le défi décisionnel;
  • la crise ou le combat.

En comprenant mieux comment un conflit évolue, tu seras mieux outillé pour gérer la situation et éviter qu’elle ne dégénère.

Le tableau ci-dessous permet de faire un parallèle entre deux modèles d’évolution de conflit : celui que tu viens de voir et celui de la dégradation de la situation comprenant cinq étapes (Conflict Resolution Network (CRN, 2009)).

Dans ce deuxième modèle, tu verras que le conflit est souvent précédé de signes avant-coureurs qui peuvent être subtils.

Étapes de l’évolution du conflit Hendricks (1991)

Étapes de la dégradation de la situation Conflict Resolution Network (2009)

Arrête-toi un instant pour identifier si tu ressens un signe avant-coureur, tel un malaise à interagir avec ton superviseur suivant une situation quelconque. À ce stade, tu n’es pas en mesure de préciser ce qui ne va pas, mais tu ressens un inconfort. Il importe à ce stade de rester alerte afin de tenter d’identifier l’incident mineur qui pourrait devenir un irritant quotidien.

(CRN, Understanding Conflict, 2009)

Sinon, le cycle se poursuit... Un incident même mineur peut t’irriter et créer des frustrations.(p. ex. : tu ne reçois pas de rétroaction quotidienne).

Cet état a pour effet de créer des malentendus entre toi et ton superviseur. À cette étape, les perceptions deviennent erronées, chacun risque d’interpréter différemment la situation vécue. Le problème devient de plus en plus envahissant.

La tension augmente et la relation s’envenime. Ton superviseur et toi adoptez des attitudes négatives et vous vous ancrez dans vos positions respectives. La façon de voir l’autre change significativement pour le pire. La relation avec l’autre devient une source constante de préoccupation. Des émotions intenses apparaissent.

À mesure que se poursuit le conflit, notre fonctionnement normal est affecté. Une situation de crise est maintenant l’issue la plus plausible.

Activité

En regardant les vignettes qui suivent, quelles pourraient être les solutions possibles permettant de remédier aux différentes situations ?

Situation 1 : irritant quotidien

Au 1er stade, l’irritant est tout ce qui dérange, cause des frustrations, ou rend la situation difficile.

Les sentiments se situent dans le rationnel. Les parties ne se laissent pas emporter par les sentiments.

Au niveau du jugement, les parties sont capables de passer par-dessus l’irritant et de prendre des décisions objectives ou de séparer la personne du problème.

Les réactions possibles à ce stade sont :

  • résoudre le problème;
  • l’éviter;
  • céder.

Situation 2 : Défi décisionnel

À ce stade, l’irritant a dégénéré en problème plus complexe (récurrence). Les parties entrent dans une relation gagnant-perdant. Il s’agit d’un moment décisif, d’un moment charnière : « ça passe ou ça casse! »

Le niveau de sensibilité augmente (p. ex. : le langage non verbal s’accentue). Les parties ont tendance à généraliser et à exagérer (p. ex. : toujours, jamais), la confiance est en déclin et la méfiance s’installe.

Notre jugement devient moins objectif.

À ce stade, les gens peuvent réagir en :

  • protégeant leurs arrières;
  • formant des cliques;
  • commérant;
  • manquant de transparence.

Situation 3 : Crise ou combat

À ce dernier stade, on ne sépare plus le problème de la personne : l’autre est le problème! Les sentiments dominent. On veut se débarrasser de l’autre. Chacun veut prouver qu’il a raison et que l’autre a tort. « Quelque chose doit se passer pour régler cette situation intenable ! »

Nous ne posons plus un jugement objectif sur la situation.

À ce stade, les réactions possibles sont :

  • une prise de position exagérée;
  • de l’hostilité;
  • de l’agressivité passive;
  • de faire sentir les autres coupables.

4. Comment puis-je limiter et prévenir les conflits avec mon superviseur ?

Fort heureusement, il est possible d’apprendre à gérer les mésententes avant que celles-ci ne dégénèrent en conflits.

Voici quelques stratégies de communication préventive à adopter lorsque tu communiques avec ton superviseur ou une autre personne en stage (p. ex. : stagiaire, professionnels de la santé, etc.).

Ces stratégies pourront aussi t’être utiles dans chaque stade de l’évolution de conflit que tu as vu précédemment.

Cette stratégie consiste à formuler une proposition qui précise ce que sont vos besoins : « Je veux parler ».

Cette stratégie favorise la collaboration et la responsabilisation de ce que l’on veut affirmer : « Je veux te demander… ».

Cette stratégie est centrée sur les sentiments qui sont sous-jacents à la demande de l’autre et elle est utile même en situation très tendue;

L’autre se sent écouté. Tu exprimes de l’empathie : « Oui, cela doit être très frustrant… »

Cette stratégie est :

  • utilisée lorsque l’autre partie réagit à ce qu’on vient de dire. Il s’agit de répéter dans tes mots ce que la personne te dit, mais sur un ton calme;
  • utile également en conversation régulière pour démontrer à l’autre qu’on l’écoute et pour valider si on a bien compris son propos.

Cette stratégie :

  • consiste à demander à ton superviseur des clarifications pour mieux saisir son idée : « Pouvez-vous me donner un exemple… »;
  • permet d’obtenir des précisions quant aux intentions, aux propos, aux besoins, aux faits reprochés (p. ex. : parce que tu ne comprends pas tout à fait ce que ton superviseur veut dire).

Cette stratégie :

  • te permet d’approfondir ou d’en apprendre plus sur le contexte ou les causes du conflit (p. ex. : « Pouvez-vous m’en dire plus sur… »);
  • diffère de la clarification, car ce que dit le superviseur est clair, mais tu veux en savoir plus pour te permettre de voir où la situation a dérapé : Valeurs ? Attentes ? Comportement ? Sécurité ?

Cette stratégie est efficace pour clarifier les messages. Il s’agit de répéter ce que tu as entendu et de demander si tu as bien compris. Cela permet de confirmer tes impressions : « Alors, ce que tu me dis… », « Si je comprends bien… ».

  • Adopte une posture d’ouverture, d’écoute (p. ex. : pas les bras croisés);
  • Concentre-toi sur les préoccupations de l’autre en mettant les tiennes de côté;
  • Utilise des signes qui démontrent que tu portes intérêt aux propos de l’autre (p. ex. hochement de la tête, « Hum, mm ! » « Oui ! »).

(DeVito, Chassé et Vezeau, 2008; Groupe de travail sur l’éducation des provinces de l’Atlantique, 2005)

Dans des situations problématiques, tu pourras donc tenter de :

  • prendre le temps d’écouter / de t’exprimer;
  • comprendre la situation;
  • trouver des solutions (p. ex. : on a souvent tendance à sauter aux solutions avant d’avoir pris le temps de comprendre ce qui se passe);
  • établir avec ton superviseur un plan d’action avec un échéancier.

(Hétu, 2013)

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