1. Que dois-je faire pour bien planifier mon stage ?

Pour réussir ton stage, il est important de bien le planifier. Tu as la responsabilité de te préparer adéquatement pour profiter au maximum de ton expérience. De plus, tu laisseras une meilleure impression comme professionnel si tu assumes pleinement tes responsabilités. Les informations contenues dans cette section t'aideront à prendre connaissance des diverses responsabilités à assumer à différentes périodes d'un stage.

Voici tes responsabilités en tant que stagiaire à différentes périodes du stage.

Consigne : clique sur les différentes périodes de stage pour découvrir tes responsabilités.

  • Prendre connaissance du milieu d’enseignement en matière de formation pratique ou clinique;
  • Exprimer tes intérêts au coordonnateur de stage;
  • Motiver tes choix par rapport au milieu de stage et à la clientèle;
  • Vérifier la confirmation de ton stage.

  • Dans la majorité des cas, tu ne pourras pas choisir ton milieu de stage. Tu te verras plutôt assigner un stage en fonction des disponibilités du milieu, des objectifs et de tes intérêts.

  • Prendre contact avec le milieu de stage (lettre ou appel, selon la procédure) Attention : premier contact avec le milieu = première impression !
  • Préparer ton curriculum vitae;
  • Te renseigner sur le milieu (clientèle desservie, mission, etc.);
  • Réfléchir à tes objectifs personnels et académiques (en fonction de tes forces et de tes points à améliorer);
  • Vérifier tes notes de cours et toute autre référence en ce qui a trait aux normes de pratique.
  • Faire part de tes attentes au superviseur (motivation, intérêts, besoins d’encadrement, souhait, etc.);
  • Te familiariser avec le milieu;
  • Prendre connaissance des politiques de l’établissement;
  • Rédiger le contrat d’apprentissage en collaboration avec ton superviseur (objectifs, besoins, etc.).
  • Préparer tes séances d’intervention (lecture du dossier, matériel requis, etc.);
  • Préparer tes rencontres de supervision (questions, situations à discuter, etc.);
  • Réviser tes activités antérieures;
  • Exécuter tes activités avec intérêt et rigueur;
  • Participer à ton évaluation mi-stage;
  • Évaluer tes objectifs et tes activités et t'ajuster au besoin en collaboration avec ton superviseur;
  • Reconnaître tes forces et tes points à améliorer.
  • Annoncer ton départ à ta clientèle;
  • Fermer tes dossiers;
  • Évaluer tes apprentissages (autoévaluation à remplir) et participer à ton évaluation sommative;
  • Remettre ton rapport de stage, s’il y a lieu;
  • Évaluer ton milieu et remettre l’évaluation au responsable du stage du milieu;
  • Remercier le personnel du milieu.
  • Réfléchir aux acquis faits en stage pour préparer la prochaine expérience;
  • Effectuer une réflexion sur les défis vécus pendant le stage;
  • Penser à ton prochain stage.

(Burns, Beauchesne, Ryan-Krause et Sawin, 2006; Cassedy, 2010; Elcock et Sharples, 2011)

Boîte à outils

2. Quelles sont tes responsabilités déontologiques ?

Lors d'un stage, tu développes non seulement tes compétences professionnelles, mais tu seras aussi appelé à appliquer les règles déontologiques.

Une de tes responsabilités consiste à te conformer aux règles, principes et normes de pratique. Il est de ton devoir de te préparer en conséquence et de prendre connaissance des documents sur le sujet qui sont reliés à ta profession avant de poser des actes thérapeutiques.

Comme les professions ne définissent pas toutes le regroupement des règles de la même façon, iI peut exister des recoupements entre les principes éthiques, le code de déontologie et les normes de pratiques que tu seras appelé à consulter.

Le site Web de ta profession comprend tous les documents qui sont nécessaires pour te familiariser avec ces notions et pour connaître tes obligations. Prends quelques minutes pour trouver, sur le site Web de ta profession, les documents que tu devras consulter pour pratiquer de façon éthique tout en respectant les règles énoncées.

Voici quelques exemples de codes d'éthique ou de déontologie de diverses professions :

3. Comment maintenir la confidentialité ?

Plusieurs comportements peuvent faire défaut quand on réfère aux règles de notre profession (p. ex. : non-obtention du consentement, inconduite sexuelle, non-respect des actes réservés, etc.). Nous nous attardons au manque de respect de la confidentialité, car ce comportement est un défi qui est plus souvent observé.

Des éléments importants du code d'éthique concernent la confidentialité des renseignements personnels des patients. Il s'agit d'une obligation éthique et d'une responsabilité déontologique de garder secrets les renseignements personnels obtenus dans le cadre d'une utilisation professionnelle.

Pour intégrer ce concept, nous t'invitons à réfléchir à deux situations pratiques.

Situation 1 :

Questions
Regarde la vidéo de la situation #1 et réfléchis aux questions suivantes avant de passer à la situation #2.

  1. Quels sont les bris de confidentialité qui ont pu se produire dans cette situation ?
  2. Quelles peuvent être les conséquences de tels bris de confidentialité ?

Situation 2 :

Questions
Regarde la vidéo de la situation #2 et réponds aux questions suivantes.

  1. Quels sont les bris de confidentialité qui ont pu se produire dans cette situation ?
    • La condition d’une patiente a été discutée en public.
    • Les renseignements personnels de la patiente ont été divulgués à des intervenants non autorisés.
    • La stagiaire n’a pas obtenu le consentement de la patiente pour divulguer de l’information à son sujet.
  2. Quelles peuvent être les conséquences de tels bris de confidentialité ?
    • Une incidence négative sur la profession et sur la relation de confiance entre la stagiaire et la patiente.

4. Comment protéger les renseignements sur la santé ?

Question de réflexion

Toutes les personnes qui obtiennent des renseignements dans le cadre d'une relation professionnelle sont tenues par la loi de protéger les renseignements sur la santé du patient. Il ne faut pas croire qu'il suffit de protéger l'identité d'un patient pour protéger sa confidentialité. Il faut retenir que les renseignements personnels du patient lui appartiennent.

« Le patient a le droit d'accorder, de refuser, ou de retirer son consentement à la collecte, l'utilisation et la divulgation des renseignements sur la santé qui le concernent. »

(Ordre des infirmières et infirmiers de l'Ontario [OIIO], 2017)

Il est difficile de mesurer le dommage causé par des bris de confidentialité. Cependant, les milieux de soins reçoivent des plaintes formelles de la part de patients, de proches ou de la famille qui sont lésés dû à un manque de confidentialité. Ces plaintes décrivent le bouleversement émotionnel et la méfiance qui s'ensuit à l'égard des membres du personnel.

Pense à quelques comportements à adopter afin de protéger la confidentialité des patients ?

Afin de protéger la confidentialité des patients durant votre stage, voici des comportements à adopter :

  • protéger l’accès aux dossiers (pas de dossiers à domicile !) ou dans des endroits publics dans le milieu de stage (p. ex. cafétéria);
  • veiller à ce que le nom du patient ne soit jamais mentionné en public;
  • veiller à ce que la condition du patient ne soit jamais discutée en public, ni divulguée à une personne non impliquée dans les soins;
  • s’assurer de ne pas apporter plusieurs dossiers dans la chambre d’un patient;
  • « s’assurer de l’efficacité du courriel sécurisé avant de transmettre des informations sur la santé du patient » (OIIO, 2017);
  • « refuser l’accès aux informations personnelles sur la santé aux personnes non autorisées » (OIIO, 2017);
  • ne consulter que les dossiers des patients qui te sont confiés (Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario , n. d.).

1. Comment m’y prendre pour développer mon autonomie ?

Ton rôle en tant que stagiaire est aussi d'acquérir de l'autonomie et de prendre part activement au processus d'apprentissage.

Chez un certain nombre de praticiens, « autonomie » signifie indépendance. Dans ce contexte, on s'attend à ce que le stagiaire apprenne sans l'aide du superviseur, c'est-à-dire à se diriger par lui-même. Or, cette définition est fautive, car un apprenant autonome se définit plutôt comme une personne qui a la « capacité de prendre ses responsabilités dans son processus d'apprentissage . Il doit identifier et formuler ses objectifs et les modifier en fonction de ses besoins d'apprentissage et de ses intérêts » (traduction libre de Shroff et al., 2013). Il est donc essentiel que l'apprenant ait une attitude positive par rapport à son apprentissage, en plus d'être capable de développer une capacité de réflexion sur le contenu et le processus d'apprentissage.

Question de réflexion

Pour t’aider à identifier les comportements qui te permettront de développer ton autonomie, nous te proposons cette activité.

Indique si les énoncés ci-dessous sont vrais ou faux.

1.L’apprenant autonome détermine ses propres objectifs d’apprentissage.

2.L’apprenant autonome propose des façons innovatrices d’intervenir.

3.L’apprenant autonome se prépare avant d’effectuer une intervention.

4.L’apprenant autonome utilise les connaissances théoriques acquises.

5.L’apprenant autonome fait une recherche sur les concepts moins connus.

6.L’apprenant autonome évalue régulièrement ses acquis.


Le développement de l’autonomie est une habileté qui s’acquiert non seulement avec le temps, mais aussi avec l’apport de ton superviseur!

Voici quelques stratégies pour favoriser la collaboration entre toi et ton superviseur tout en développant ton autonomie de façon sécuritaire.

Du moins autonome au plus autonome :

  • accepte de te faire observer pendant que tu accomplis une tâche ou une intervention;
  • commence une intervention toi-même, puis laisse ton superviseur poursuivre tout en l'observant;
  • laisse le superviseur amorcer une intervention et poursuis celle-ci sans supervision directe;
  • discute avec ton superviseur sur la façon d'intervenir (procédures, protocoles, etc.), puis va seul faire l'intervention;
  • fais ensuite un retour sur l'expérience vécue avec ton superviseur afin de faire le lien avec la théorie et de recevoir de la rétroaction.

2. Qu’est-ce qui me motive à apprendre ?

La motivation est le moteur des apprentissages et elle est associée au succès scolaire. Hagan (2011) affirme d'ailleurs que la motivation est la première étape de l'apprentissage.


(Dörnyei, Csizér et Németh, 2006; Gardner et al., cités dans Stoffa, Kush et Heo, 2011; Murray, 2011; Quinton, 2011)

Question de réflexion

Les composantes de la motivation :

Comme stagiaire, tu seras davantage motivé si tu :

  • démontres de l’intérêt (p. ex. : en posant des questions, en cherchant à vivre de nouvelles expériences, en faisant des lectures, en apportant ton point de vue, etc.);
  • prends l’initiative (p. ex. : en proposant des actions, en cherchant des ressources, en révisant à l’avance les dossiers, ou en préparant le matériel, etc.);
  • es proactif (p. ex. : en te proposant pour développer un dépliant ou un programme d’exercices, en offrant ton aide avant que l’on te la demande, etc.);
  • persévères pour atteindre tes objectifs (p. ex. : tu cherches de nouvelles stratégies pour pallier tes défis, tu te pratiques plusieurs fois pour réussir une habileté précise, tu peaufines tes interventions, etc. ).

(Dörnyei, Csizér et Németh, 2006; Gardner et al., cités dans Stoffa, Kush et Heo, 2011; Murray, 2011; Quinton, 2011)

Regardons maintenant les différentes composantes de la motivation pour être en mesure de mieux agir sur celles-ci.

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Pour rester motivé comme stagiaire, tu pourrais :

  • t'interroger sur les causes de ta démotivation afin de pouvoir y remédier;
  • déterminer tes objectifs d'apprentissage en utilisant la méthode SMART;
  • alimenter ton sentiment de compétence;
  • percevoir tes tâches comme un défi possible à relever;
  • te donner le droit à l'erreur;
  • t'engager dans des activités;
  • persévérer devant la difficulté;
  • utiliser différentes stratégies d'apprentissage.

3. Comment alimenter mon sentiment d’efficacité personnelle en stage ?

Développé par Bandura, le concept de sentiment d'efficacité personnelle fait référence aux croyances qu'a la personne en ses capacités de réaliser certaines tâches plutôt qu'à ses aptitudes à les accomplir. Ces croyances guideront la personne dans son choix d'activités et d'environnement. Elles auront aussi un rôle crucial dans l'engagement et la performance de l'individu.

(Bandura, 1977; Bouffard-Bouchard et Pinard, 1988; Duchesnes et Gagnon, 2013; François et Botteman, 2002; Lecompte, 2004; Miller, Greene, Montalvo, Ravindran et Nichols, 1996, cités dans Galand et Vanlede, 2000; Rondier, 2004)

Les 4 sources d’influence

L’expérience vécue, active ou antérieure (performances antérieures, succès, échec)

L’expérience vécue est l’une des sources les plus importantes et influentes sur la croyance en l’efficacité personnelle. Ainsi, plus un individu accomplit une tâche avec succès, plus il alimente sa croyance en son efficacité personnelle. L’inverse est aussi vrai. Lorsque l’individu vit un échec dans une tâche, cela alimente sa croyance en son incompétence.

C’est pourquoi il est si important de reconnaître tes propres succès et de te féliciter. Il faut tenter de mettre de côté tes expériences plus négatives qui peuvent affaiblir ton sentiment d’efficacité personnelle.

(Bandura, 1995; Duchesne et Gagnon, 2013; Lecomte, 2004; Rondier, 2004)

L’expérience vicariante ou l’expérience indirecte (modelage, comparaison sociale)

Ce type d’apprentissage repose sur l’observation d’une personne présentant un niveau de compétence jugé similaire.

Si ton collègue peut réussir une tâche difficile, tu croiras en ta capacité de réussir toi aussi. À l’inverse, si ton collègue n’a pas réussi, tu peux penser que tu n’y arriveras pas.

Conséquemment, il est important de bien t’entourer dans ton milieu de stage, de discuter avec tes collègues de tes expériences et tes succès respectifs. Si le milieu le permet, l’observation de tes pairs en sera encore plus efficace pour l’amélioration du sentiment d’efficacité personnelle.

(Bandura, 1986, et Schunk, 1987, cités par Bandura, 1995 ; Duchesne et Gagnon, 2013; Rondier, 2004)

La persuasion verbale (rétroaction et encouragements)

Ce type d’apprentissage provient des suggestions, des conseils et des commentaires qui sont obtenus d’une personne-ressource. Ceux-ci contribuent à fortifier la croyance de la personne en ses habiletés et sa capacité à effectuer une tâche avec succès. La rétroaction et la croyance en l’incapacité d’une personne peuvent aussi avoir l’effet inverse.

P. ex., tu pourrais penser : « Si Untel prétend que je peux réussir, c'est que j'en suis probablement capable » et « Puisqu'Untel me considère incapable, c'est que je le suis sans doute » (Duchesne et Gagnon, 2013, p. 208).

(Bandura, 1995)

L’état émotionnel et physiologique

L’état émotionnel et physiologique qu’une personne vit lorsqu’elle ne réussit pas une tâche peut l’amener à douter de ses compétences à effectuer le comportement ou la tâche demandée. Ce phénomène peut mener la personne à l’échec. Les signes de stress ou bien de fatigue peuvent ainsi être associés à une piètre performance. Au lieu de te décourager, tu pourrais réfléchir à ce que tu as réussi, et à ce que tu voudrais faire différemment lors de la prochaine expérience.

Voilà pourquoi tu pourrais te dire : « La situation A m'a semblé excitante et je suis très satisfait de mon rendement. Mon cœur bat plus vite rien qu'à penser à la situation B, dans laquelle j'ai hâte de plonger » (Duchesne et Gagnon, 2013, p. 209). Ton humeur positive ou négative teintera ton sentiment d'efficacité personnelle.

(Bandura, 1995)

En résumé

Ton état émotionnel, tout comme la persuasion verbale que tu reçois, aura moins d’influence sur ton sentiment d’efficacité personnelle que l’expérience que tu as vécue. Toutefois, tu puiseras à même ces quatre sources d’apprentissage pour développer ton efficacité professionnelle. Ta capacité à faire de la pratique réflexive te sera très utile pour alimenter ton sentiment d’efficacité personnelle.

(Duchesne et Gagnon, 2013)

Question de réflexion

4. Pourquoi dois-je apprendre à réfléchir ?

Pour développer et raffiner tes compétences, il est nécessaire, comme apprenant autonome, de faire un retour sur ta pratique, de l'analyser et d'identifier les éléments à améliorer de sorte à parfaire tes compétences. Ce processus se nomme la réflexivité ou la pratique réflexive qui consiste à faire une réflexion sur une situation et à ensuite poser une réflexion sur celle-ci.

C'est grâce à la pratique réflexive que tu parviendras à « prendre conscience de ta manière d'agir, ou de réagir, dans les situations professionnelles ou formatives ».

(Lasfargues, 2016)

Question de réflexion

Pense à un moment où tu as appris à faire quelque chose de nouveau, disons dans un emploi d’été.

Vois maintenant comment tes réponses se comparent aux stratégies suggérées dans les écrits.

Il existe 5 étapes à la pratique réflexive. Voyons comment celles-ci peuvent s'actualiser concrètement par un exemple :

Pelaccia (2016)

Question de réflexion

Même si la réflexion s’avère une action normale et quotidienne, la pratique réflexive, quant à elle, s’acquiert au « gré d’un entraînement intensif et délibéré » (Perrenoud, 2008, p. 45). Le praticien réflexif doit se poser des questions sur le « comment » et surtout sur le « pourquoi » de ses actions. Il doit pouvoir s’autocritiquer de façon constructive.

En tant que stagiaire, il est normal de devoir faire des efforts en ce sens durant l'ensemble de ton stage pour former de nouveaux liens entre tes multiples connaissances. La réflexion sera facilitée par des réflexions à haute voix, l'écriture (portfolio), des lectures et des discussions avec tes collègues. Elle te permettra de t'éloigner progressivement des « recettes » et des routines automatiques pour mieux adapter tes interventions.

Le fait de développer la pratique réflexive te permettra d'affronter une nouvelle situation, car elle aura consolidé ta capacité :

  • à réfléchir à la pratique;
  • à te remettre en question;
  • à identifier les problèmes complexes et
  • à analyser en profondeur;
  • à devenir autonome;
  • à réfléchir sur les hypothèses possibles au problème et à les tester sur le terrain;
  • à développer ton sentiment d'efficacité.

À mesure que tes capacités réflexives se développeront, tu douteras de moins en moins de tes capacités. Tu ne seras plus porté à baisser les bras devant une situation complexe, mais plutôt à être actif.

(LeBoterf, 2013; Legault, 2004, Pelaccia, 2016; Perrenoud, 2008)

Se remettre en question n’est pas toujours facile ! C’est pourquoi la pratique réflexive demande de l’humilité. « Il faut accepter de reconnaître, parfois, que l’on aurait pu mieux faire, tout en comprenant pourquoi l’on n’y est pas parvenu. »


(Perrenoud, 2008)

1. Qu’est-ce que le cycle d’apprentissage de Kolb ?

Cycle en quatre étapes

L’apprentissage est un processus continu qui permet de transformer nos connaissances et notre comportement vers plus de différenciation, d’ordre et d’organisation. De son côté, Kolb a défini l’apprentissage à l’intérieur d’un cycle dans lequel nous retrouvons quatre phases.

(EC) Expérience concrète :

l’apprenant vit une situation d’expérience.

(OR) Observation réfléchie :

l’apprenant fait des observations sur l’expérience vécue et réfléchit à leur signification.

(CA) Conceptualisation abstraite :

l’apprenant forme des concepts et formule des généralisations qui intègrent les observations et les réflexions.

(EA) Expérimentation active :

l’apprenant vérifie ses hypothèses générées dans de nouvelles situations concrètes.

Exemple de réflexion sur une situation en stage, d’après le cycle de Kolb

Pour mieux intégrer les concepts décrits ci-haut, dans l’exemple suivant, explore le cycle d’apprentissage de Céline qui utilise un exercice qui avait bien fonctionné jusqu’à maintenant, cette fois avec un nouveau client :

Clique sur les images pour faire apparaître la description de la situation.

(Armstrong et Parsa-Parsi , 2005; Gemmel, Boland et Kolb, 2010; Kolb, cité par Armstrong et Mahmud, 2008; Kolb et Kolb, 2009; van Beek et Malone, 2007)

2. Comment dois-je articuler mon apprentissage théorique et pratique ?

Ton apprentissage en stage diffère de ton apprentissage en classe.

Ton stage permettra l'intégration des concepts théoriques, car il permet de faire des liens entre la théorie et la pratique.

  • Le savoir théorique concerne l'ensemble des savoirs formels acquis par la formation postsecondaire.
  • Les savoirs pratiques renvoient plutôt aux savoirs issus de l'expérience et de la pratique.

De ces savoirs, tu construiras ton propre savoir professionnel. Cette construction du savoir professionnel met en cause deux processus distincts, mais complémentaires.

  • La mobilisation des savoirs théoriques
    • Capacité à résoudre un problème dans un nouveau contexte en utilisant les connaissances acquises de façon judicieuse et fonctionnelle.
  • La formalisation des savoirs pratiques
    • Capacité de réflexion, habileté à analyser l'expérience vécue, aptitude à donner un sens aux événements et à tirer profit de sa réflexion dans la pratique.

3. Comment puis-je m’aider dans ce processus d’apprentissage ?

Afin de développer ton propre processus d'apprentissage, tu devrais adopter des comportements pour te donner les moyens d'y arriver. Holec (cité dans Snodin, 2013) définit quatre actes spécifiques pouvant t'aider à cet effet.

Pour ce faire, ton superviseur pourrait te suggérer des outils facilitant la rédaction des objectifs d'apprentissage tels que le modèle « SMART  » ou « ABCDE ». « L'inventaire des savoirs  » pourrait aussi t'aider à identifier ce que tu as déjà appris et ce que tu aimerais apprendre durant ton stage.

Finalement, ton contrat d'apprentissage est aussi un outil indispensable à ton stage. Il est rédigé conjointement avec ton superviseur et précise les éléments liés aux objectifs de stage et au processus de supervision.

Plusieurs outils existent pour vous aider à atteindre vos objectifs. Dans le cadre de votre stage, vous pouvez rédiger un journal de bord. Cet outil de soutien vous permet de prendre note de vos expériences et de vos réflexions, ainsi que des incidents critiques ou des événements significatifs qui se produisent en cours de stage.

Afin de vous évaluer, votre superviseur pourrait utiliser la grille d'observation du raisonnement clinique ainsi que la grille de vérification de la documentation clinique. En prenant connaissance de ces deux grilles, vous serez en mesure d'évaluer l'écart entre les résultats attendus et les résultats obtenus.

Votre superviseur pourrait aussi vous suggérer le modèle de gestion du temps PQRST pour vous permettre d'établir vos stratégies et vous aider à mieux organiser votre apprentissage.

(Boutin et Camaraire, 2001; Brown et Bourne, cités par Cassedy, 2010; Cassedy, 2010; Elcock et Sharples, 2011; Lorio, n.d; Navuluri, 2001; O'Bannon, 2012; Smaldino, Lowther et Russell, 2007; Weston Kramer, 2007)

1. Quelles sont mes préférences liées à l’apprentissage ?

Lorsque tu veux apprendre à naviguer dans un nouveau logiciel, quelle(s) stratégie(s) utilises-tu pour optimiser ton apprentissage ?

Coche la ou les cases qui s’appliquent à tes préférences.

Lorsque tu étudies pour un examen, quelle(s) stratégie(s) utilises-tu ? Dans quel contexte aimes-tu apprendre ?

Coche la ou les cases qui s’appliquent à tes préférences.

Question de réflexion

Pense une fois de plus à un moment où tu as appris à faire quelque chose de nouveau dans un emploi d’été.

Tu as probablement utilisé plus d’une stratégie. En effet, les gens apprennent en employant plusieurs modalités sensorielles. Cette variété de modalités adaptées à la tâche optimise :

  • la compréhension;
  • la mémorisation;
  • l’apprentissage;
  • la réussite.

Masson ajoute que le cerveau change lorsqu’il apprend. Cet auteur fait l’analogie avec un sentier dans la forêt que l’on emprunte souvent. Plus ce sentier est utilisé, plus il est défriché et accessible. Ainsi, plus tu as recours à tes nouvelles connaissances, plus tu les emmagasineras dans ta mémoire à long terme.

L’apprentissage se déroule dans des situations, des environnements et des contextes variés. Parmi les facteurs l’influençant, nous retrouvons, entre autres :

  • les expériences et les occasions d’apprentissages antérieures;
  • la culture;
  • le climat;
  • le style d’apprentissage.

Ce dernier concept fait l’objet de plusieurs débats en éducation.

Le style d’apprentissage est défini comme une « description d’attitudes et de comportements qui déterminent une manière préférée d’apprendre ».

Bien que la théorie des styles d’apprentissage soit utilisée dans le domaine de l’éducation dans plusieurs pays du monde, plusieurs aspects de cette théorie sont controversés depuis longtemps).

(An et Carr, 2017; Chevrier, Fortin, Leblanc et Théberge, 2000; Coffield, Moseley, Hall et Ecclestone, 2004; Howard-Jones, 2014 cité dans Willigham et al., 2015; Honey et Mumford cités dans Fleming, McKee et Huntley-Moore, 2011; Masson cité dans Cloutier, 2015; Timothy et al., 2016)

Les styles d’apprentissage : un neuromythe ?

Selon plusieurs auteurs, la théorie des styles d’apprentissage constitue un neuromythe. Un neuromythe est une fausse croyance à propos de contributions possibles des neurosciences, dans ce cas particulier, dans le domaine de l’éducation. C’est la conséquence d’une mauvaise interprétation (délibérée ou non) des faits scientifiques (OCDE, 2002, cité par Lafortune et Foisy, 2013).

(Geake, 2008; Lafortune, Brault, Foisy et Masson, 2013; Goswami, 2004, 2006 et Geake, 2008 cités dans Tardif et Doudin, 2011; Lilienfeld et al., 2011, Dekker et al., 2012; Howard-Jones, 2014 cités par Newton, 2015; Riener et Willingham, 2010; Tardif et Doudin, 2011)

2. Pourquoi m’intéresser à mon style ?

Plusieurs éléments de la théorie des styles d'apprentissage te permettront de :

  • comprendre les différences qui existent entre les apprenants;
  • d'amorcer une réflexion sur tes propres préférences liées à l'apprentissage.

Cette prise de conscience t'aidera à engager la discussion avec ton superviseur et à améliorer l'environnement d'apprentissage de ton prochain stage. C'est en ayant cet objectif en tête que nous te proposons d'identifier ton style d'apprentissage.

Pour se faire, nous te suggérons le questionnaire LSQ-Fa. Tu peux simplement suivre les étapes suivantes :

  1. lis les directives proposées;
  2. imprime le questionnaire et remplis-le (réserve une trentaine de minutes);
  3. compile tes résultats;
  4. reporte ton score total sur la feuille Profil individuel.
  5. Consultez :

Avant de réutiliser le test, tu dois en demander l’autorisation aux auteurs en communiquant avec Jacques Chevrier.

Bien que la théorie des styles d’apprentissage est utilisée dans le domaine de l’éducation dans plusieurs pays du monde, plusieurs aspects de cette théorie sont controversés.

(Howard-Jones, 2014 cité dans Willigham et al., 2015; Honey et Mumford cités dans Fleming, McKee et Huntley-Moore, 2011; Timothy et al., 2016; Robertson, Smellie, Wilson et Cox, 2011)

3. Quelles sont les caractéristiques des styles d’apprentissage ?

Il existe plusieurs nomenclatures pour définir les styles d'apprentissages. Coffield et al. (2004) en ont répertorié 71. Nous te présentons l'une d'entre elles.

L'activité suivante te permettra de différencier les styles et d'en déceler les principales caractéristiques.

(Coffield et al., 2004; Honey et Mumford, 1982)

Activité

Tu trouveras ci-dessous des conversations entre le superviseur et son stagiaire qui illustrent les quatre différents styles d’apprentissage.

Situation 1 :

Questions
Quel est le style d’apprentissage illustré dans ce scénario ? Te reconnais-tu dans ce comportement ?

Style 1 : Patrick est un apprenant actif.

De façon générale, les actifs :

  • Aiment l’action et les nouvelles expériences
  • Relèvent des défis (performance)
  • Résolvent des problèmes de façon impulsive
  • Sont spécialistes des essais et erreurs
  • Apprécient la mise en commun d’idées
  • Gèrent très bien les imprévus

Dans le cadre d’un stage, ils souhaitent mettre rapidement la main à la pâte sans ressentir le besoin d’observer leur superviseur en action avant.

Situation 2 :

Questions
Quel est le style d’apprentissage illustré dans ce scénario ?
Te reconnais-tu dans ce comportement ?

Style 2 : Laurianne est une apprenante réfléchie.

De façon générale, les réfléchis :

  • Démontrent de la prudence avant d’émettre une opinion ou de prendre une décision
  • Analysent les événements vécus
  • Possèdent un esprit imaginatif, ouvert et curieux
  • Aiment prendre des décisions sans contrainte de temps

Dans le cadre d’un stage, ils souhaitent observer leur superviseur avant de procéder.

Situation 3 :

Questions
Quel est le style d’apprentissage illustré dans ce scénario ?
Te reconnais-tu dans ce comportement ?

Style 3 : Myriam est une apprenante théoricien.

De façon générale, les théoriciens :

  • Font preuve de logique et de cohérence dans l’organisation des idées
  • Possèdent un esprit de synthèse
  • Résolvent des problèmes de façon analytique
  • Valorisent l’objectivité
  • Préfèrent le travail solitaire au travail en équipe

Dans le cadre d’un stage, ils souhaitent connaître les faits probants qui justifient l’approche thérapeutique et présentent des articles scientifiques au superviseur.

Situation 4 :

Questions
Quel est le style d’apprentissage illustré dans ce scénario ?
Te reconnais-tu dans ce comportement ?

Style 4 : Flavie est une apprenante pragmatique.

De façon générale, les pragmatiques :

  • Aiment expérimenter des théories
  • Aiment la logique et la précision
  • Répondent à un besoin immédiat 
  • Voient les avantages pratiques
  • Résolvent des problèmes concrets et prennent des décisions utiles

Dans le cadre d’un stage, ils sont très organisés et souhaitent que les activités ou tâches assignées répondent à un besoin précis de leur apprentissage.

Boîte à outils

4. Est-ce que mon style devrait être compatible avec celui de mon superviseur ?

Même style

Même style

Certains chercheurs sont d’avis qu’un superviseur et un stagiaire de même style peuvent mieux s’entendre, car chacun comprend bien la manière d’apprendre de l’autre. Cette similarité peut faciliter l’apprentissage à court terme. Toutefois, on pourra craindre que le stagiaire ne soit pas stimulé à utiliser d’autres styles.

Différents styles

Différents styles

Certains auteurs suggèrent qu’il est intéressant de créer une dyade dans laquelle existent des différences dans la manière d’apprendre. Une certaine tension est créée entre le superviseur et le stagiaire qui adoptent des styles différents; cette différence semble être profitable à l’apprentissage, car elle pose des défis qui permettent de se surpasser. Il semble que cette différence aide aussi à développer de part et d’autre les styles d’apprentissage avec lesquels chacun est moins à l’aise.

Durant ton stage, tu seras exposé à différentes situations où tu devras utiliser un autre style. Il est possible que cela te rende inconfortable. Toutefois, en persévérant et en apprenant à utiliser une variété de modalités d’apprentissage et de styles qui sont adaptés à la tâche, tu optimiseras ton apprentissage.

(Vaughn et Baker, 2008; Wolfsfeld et Haj-Yahia, 2010)

Concepts clés de l’unité

Question de réflexion

Pense une fois de plus à un moment où tu as appris à faire quelque chose de nouveau dans un emploi d’été.